Elinguer en toutes sécurités

L’élingage est une opération importante de la manutention des charges isolées. 

Elle consiste à faire la jonction entre une charge et un appareil de levage. Bien que la tendance soit dans la recherche et l’utilisation de matériel de manutention réduisant considérablement le temps de manutention, de nombreuses charges continuent à être manipulées, déplacées, chargées en utilisant un système d’élingage.
L’élingueur, autrefois appelé "accrocheur" ou "amarreur", doit mettre en œuvre un dispositif de liaison entre la charge et l’appareil. Cette opération sera décisive pour la sécurité de la manutention. Il importe donc que l’élingueur fasse le choix du bon dispositif de liaison et le mette en œuvre correctement.
Sa responsabilité est importante, il doit connaître toutes les règles de sécurité afférentes à sa profession.
Ce mémento a pour objectif principal de rappeler ou de compléter une formation élémentaire, les techniques détaillées de l’élingage devant en effet impérativement être acquises lors de formations spécialisées. Il résume les connaissances et pratiques indispensables pour la mise en œuvre des élingues en sécurité.
Tous ceux dont les tâches dépassent le cadre de l’élingage – chefs d’entreprise, agents de maîtrise – qui désirent acquérir une con -naissance approfondie des techniques correspondantes auront intérêt à suivre des stages de techniques d’élingage dans des organismes spécialisés.

 

 

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1.1 Les types d’accidents
1.2 Quelques chiffres sur les accidents
2. Les définitions
3. Le cadre réglementaire
3.1 Le matériel
3.2 L’utilisation des accessoires
4. Les élingues
4.1 Les élingues câbles
4.2 Les élingues chaînes
4.3 Les élingues en textile chimique
4.4 Les élingues en corde
5. La détermination de la charge maximum d’utilisation
5.1 Les élingues pour applications courantes
5.2 Les élingues particulières
6.1 Préparer l’élingage
6.2 Évaluer la charge à lever
6.3 Rendre la charge monolithique
6.4 Choix de l’élingue
6.5 Procéder à une inspection visuelle
6.6 Accrochage de la charge
6.7 Accrochage de l’élingue sur le crochet de l’appareil de levage
6.8 Vérification de l’angle d’élingage
6.9 Protection des arêtes vives
6.10 Mettre l’élingue sous tension
7.1 Avant la manœuvre de la charge
7.2 Pendant la manœuvre de la charge
7.3 Après la manœuvre de la charge
8.1 Les palonniers
8.2 Les manilles
8.3 Exemples d’équipements amovibles de prise en charge
8.4 Les élingages asymétriques
8.5 Les élingues à usage unique

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Les causes d’accidents

Les accidents du travail qui font l’objet d’une enquête par les services de prévention des caisses d’assurance retraite et santé au travail (CARSAT) et des caisses régionales d’assurance maladie (CRAM) sont enregistrés dans une base de données nationale nommée EPICEA1. Cette base ne répertorie que les accidents mortels et les accidents significatifs pour la prévention. L’analyse des accidents impliquant un accessoire de levage entre 1993 et 2010 permet d’identifier 146 accidents. Les comptes rendus font ressortir les causes les plus fréquemment rencontrées.

1.1 Les types d’accidents

Décrochage de la charge

La cause la plus fréquente d’accidents est un décrochage de la charge. Le décrochage provient le plus souvent d’un glissement d’une charge élinguée en panier, mais intervient également parfois entre la charge et l’élingue ou entre l’élingue et le crochet de l’appareil. Il existe aussi des cas de glissement d’une charge manutentionnée avec une pince à grume ou pince à tôle.

Rupture de l’élingue

La rupture des élingues ou de l’accessoire est aussi une cause fréquente d’accidents. Les élingues textiles sont les plus exposées à ce risque. Plusieurs accidents sont dus à la rupture de l’accessoire de levage.
Basculement de la charge
Le basculement provient soit d’un mauvais alignement du centre de gravité de la charge, soit de l’utilisation d’un support de charge inadapté.

Coincement des membres supérieurs

Le coincement des membres supérieurs (main ou bras) est lié à des postures d’élingage non adaptées ou une mauvaise communication entre l’élingueur et le conducteur de l’appareil.

Chute d’une partie d’une charge fractionnée

Ce cas est lié à la manutention de plusieurs rondins ou tuyaux avec un élingage en panier. Si les différents éléments de la charge ne sont pas liés, ceux-ci risquent de tomber.

Autres risques

Dans cette catégorie, nous avons relevé la chute de hauteur de l’élingueur pendant l’accrochage ou le décrochage de la charge, son écrasement pendant le déplacement de la charge ou le heurt de l’élingueur par le crochet de l’appareil de levage.
Le levage des éléments préfabriqués en béton à l’aide de plusieurs pinces de serrage présente un risque de décrochage lors de la mise en place du produit.

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1.2 Quelques chiffres sur les accidents

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2 Les définitions

L’élingage regroupe toutes les opérations de mise en œuvre d’une liaison entre une charge et un appareil de levage. Le dispositif de liaison est généralement constitué d’une élingue en câble métallique, en chaîne ou en textile mais peut aussi comprendre des éléments rigides : palonnier, clé de levage, pinces, etc.

Accessoires de levage

Composants ou équipements non liés à la machine et placés entre la machine et la charge ou sur la charge pour permettre la préhension de cette dernière. Les élingues et les équipements amovibles de prise de charge sont des accessoires de levage.

Élingues

Accessoires de levage souples en cordage ou en sangle, en câble métallique ou en chaîne, généralement terminés par des composants métalliques tels que mailles, crochets, anneau, manille…

Accessoires d’élingage (composantsd’accessoires de
levage)

Accessoires de levage qui servent à la confection ou à l’utilisation d’une élingue tels que crochets à œil, manille, anneaux à tige… Ces accessoires sont quelquefois appelés accessoires d’extrémité. Dans la réglementation, les accessoires d’élingage se nomment des composants d’accessoires de levage.

Équipements amovibles de prise
de charge

Équipements qui peuvent être installés directement ou indirectement au crochet ou à un dispositif d’accouplement d’un appareil de levage à charge suspendue. Les pinces à tôle, électroaimants, cés de levage, palonniers, pinces, fourches de levage et les systèmes de préhension par le vide, qui sont des dispositifs de préhension de la charge, sont des équipements amovibles de prise de charge.

Élingue simple

Élingue comportant un seul brin.

Élingue multibrins

Élingues comportant 2, 3 ou 4 brins. Les différents brins sont reliés à une maille de tête de façon à assurer un débatte-ment convenable des différents brins.

Élingue sans fin (estrope)

Élingue formée par un élément dont les extrémités ont été raccordées entre elles ; également appelée estrope.

Charge Maximum d’Utilisation
d’une élingue (CMU ou WLL en
anglais)

Masse maximale que l’élingue est auto-risée à supporter en utilisation courante.

Facteur de mode d’élingage (M)

Facteur appliqué à la charge maximale d’utilisation (CMU) d’une élingue à un brin pour prendre en compte la géométrie de l’élingage (nombre et angles de brins) et la conséquence du pliage de certains composants.

Coefficient d’utilisation

Rapport arithmétique entre la charge minimale de rupture garantie par le fabricant et la charge maximale d’utilisation.

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Le cadre réglementaire

3.1 Le matériel

Ce chapitre est plus particulièrement destiné aux chefs d’établissement ainsi qu’au personnel d’encadrement.
Toutefois, l’élingueur, bien que n’étant pas directement responsable de la mise en œuvre de certaines prescriptions, doit en avoir connaissance.
Les élingues ainsi que tous les dispositifs placés entre l’appareil de levage et la charge sont considérés dans la réglementation comme des accessoires de levage.
La réglementation fixe les règles de conception et construction des accessoires ainsi que les procédures de certification pour la mise sur le marché de l’accessoire.

La confection d’élingues pour le levage de charges doit respecter les règles techniques énoncées dans le chapitre « Règle de conception ».

Règle de conception

Article. R. 4312-1 du code du travail
Les accessoires de levage, les câbles, chaînes et sangles de levage d’occasion, quelle que soit leur date de mise en service à l’état neuf, sont soumis aux règles techniques de conception et de construction prévues à l’annexe I de l’article R. 4312-1.

Normalisation

Antérieurement au 1er janvier 1995, la normalisation avait un caractère d’application volontaire, sauf pour les marchés publics et pour certaines normes rendues d’application obligatoire par voie d’arrêté.
Depuis le 1er janvier 1995, les « normes harmonisées » (adoptées par les pays membres de l’Union européenne) ne peuvent en aucun cas être rendues d’application obligatoire. L’utilisation volontaire des « normes européennes harmonisées » par les constructeurs de matériel donne une présomption de conformité du matériel aux textes réglementaires.

Normes européennes

Depuis 1995, les accessoires de levage font l’objet de nombreuses normes. Ces normes s’adressent aux concepteurs des accessoires et leur permettent de bénéficier d’une présomption de conformité à la directive « Machines » (directive 2006/42/CE). La liste des normes est reproduite en annexe de ce document.

Maintien en état de conformité du matériel

L’article R. 4322-1 du code du travail stipule que « les équipements de travail et moyens de protection doivent être maintenus en état de conformité avec les règles techniques de conception et de construction applicables lors de leur mise en service dans l’établissement ».
Les accessoires de levage doivent être maintenus en conformité avec les règles techniques issues de l’annexe 1 du code du travail (transposition de la directive Machines 2006/42/CE).

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Vérifications

Les accessoires de levage sont soumis aux prescriptions de l’article R. 4323-23 du code du travail relative aux vérifications générales périodiques complétées par les prescriptions des articles R. 4323-22 et R. 4323-28 relatives aux vérifications à effectuer à la mise en service et à la remise en service. Le contenu des vérifications est précisé dans l’arrêté du 1er mars 2004.
Dans cet arrêté, l’article 2 précise les accessoires de levage visés pas les vérifications : équipements non incorporés à un matériel et placés entre le matériel et la charge, tels qu’élingues, palonnier, pince autoserrante, aimant, ventouse, cé de levage.
Cette définition prend en compte l’usage de l’accessoire : par exemple, un anneau à vis fixé en permanence sur une machine n’est pas visé par ces vérifications. Par contre, un anneau à vis qui est fixé pour une opération de levage entre dans le champ des vérifications. De même, les contenants de charges en vrac : conteneur, big-bag, ne sont pas visés par les vérifications.
La réalisation de ces vérifications doit être confiée, sous la responsabilité du chef d’établissement dans lequel les accessoires sont utilisés, à du personnel qualifié, exerçant régulièrement cette activité, appartenant soit :

  • à l’établissement,
  • à un organisme d’inspection appelé également organisme de vérification ou organisme de contrôle.

Vérification avant mise en service

Une vérification de mise en service doit être effectuée avant la première utilisation de l’accessoire dans l’entreprise.

Le contenu de cette vérification com-prend :

  • pour les accessoires de levage neufs, un examen d’adéquation,
  • pour les accessoires de levage d’occasion, un examen d’adéquation et une épreuve statique.

Vérification avant remise en service

La vérification avant la remise en service d’un accessoire de levage dans l’entreprise doit être effectuée après une opération de démontage et remontage ou modification susceptible de mettre en cause leur sécurité.
Cette vérification a été introduite par l’arrêté du 1er mars 2004 (voir brochure INRS, Vérifications réglementaires des appareils et accessoires de levage dans le BTP. Guide des utilisateurs, ED 6009).
La vérification doit comprendre un examen d’adéquation, un examen de l’état de conservation et une épreuve statique.

Vérification générale périodique

L’article R. 4323-23 prévoit une vérification générale périodique afin que soit décelée en temps utile toute détérioration susceptible de créer des dangers.
Cette vérification doit être effectuée tous les ans. Cette périodicité doit être considérée comme une limite supérieure à ne pas dépasser.
Des examens plus fréquents peuvent s’avérer nécessaires en fonction de l’utilisation effective des appareils et de l’agressivité de l’environnement.

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3.2 L’utilisation des accessoires

Dispositifs réglementaires

La réglementation relative à l’utilisation des équipements de travail, qui comprend donc les accessoires de levage, est contenue dans les articles R. 4321-1 et 2 et R. 4323-1 à R. 4323-57 du code du travail.

  • R. 4323-1 est relatif au choix des équipements de travail et donc des accessoires de levage.
  • L. 4141-2, R. 4323-1, R. 4323-17 et R. 4323-4 sont relatifs à l’information et à la formation du personnel mettant en œuvre les accessoires de levage.
  •  R. 4323-6 à R. 4323-15 sont relatifs aux mesures d’organisation, d’installation et de mise en œuvre.
  •  R. 4323-24, R. 4323-22 et R. 4323-28 complétés par l’arrêté du 1er mars 2004 prévoient les vérifications réglementaires.
  •  R. 4323-29 à R. 4323-57 énonçant les mesures d’organisation et les conditions de mise en œuvre des équipements de travail spécifiques aux équipements de levage et machines mobiles. Les articles R. 4323-42, R. 4323-47 et R. 4323-49 sont spécifiques aux accessoires de levage.

Article R. 4323-42

Lorsque le travailleur accroche ou décroche une charge à la main, les travaux doivent être organisés de manière telle que ces opérations puis-sent être effectuées en toute sécurité. Pendant ces opérations, aucune manœuvre de l’appareil de levage ne doit être réalisée tant que ce travailleur n’a pas donné son accord.

Article R. 4323-47

Les accessoires de levage (…) doivent être choisis et utilisés en fonction des charges à manutentionner, des points de préhension, du dispositif d’accrochage et des conditions atmosphériques et compte tenu du mode et de la configuration d’élingage. Tout assemblage d’accessoires de levage permanent doit être clairement marqué pour permettre à l’utilisateur d’en connaître les caractéristiques.

Article R. 4323-48

Les contenants des charges en vrac destinés à être accrochés à un équipe-ment de travail servant au levage doivent être aptes à résister aux efforts subis pendant le chargement, le trans-port, la manutention et le stockage de la charge et à s’opposer à l’écoulement intempestif de tout ou partie de celle-ci au cours des mêmes opérations.

Article R. 4323-49

Les accessoires de levage doivent être entreposés de manière à ce qu’ils ne puissent être endommagés ou détériorés. Dès lors qu’ils présentent des défectuosités susceptibles d’entraîner une rupture, ils doivent être retirés du service.

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Recommandations de la Sécurité sociale
Elles sont élaborées par des commissions paritaires composées de membres désignés par les Comités techniques nationaux auxquels s’adjoignent des experts. Elles sont applicables à tous les chefs d’entreprise dont le personnel relève du régime général de la Sécurité sociale.
Il n’existe pas de recommandation générale sur l’élingage mais des recommandations spécifiques :

  • R 316 : manutention portuaire des grumes
  • R 364 : manutention des conteneurs à bord des navires,
  • R 405 : levage des produits béton par douilles métalliques,
  • R 441 : risques liés à la manutention des armatures métalliques

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Les élingues

4.1 Les élingues câbles

Constitution du câble

Les câbles sont constitués de fils d’acier tréfilés à froid, puis assemblés ensemble pour constituer des torons qui seront ensuite commis ensemble pour constituer un câble.
Les câbles des élingues sont généralement réalisés avec 6 torons de 36 ou 37 fils câblés sur une âme textile ou métallique. Ces câbles sont dénommés     « 6 x 36 » ou « 6 x 37 ».
Il existe aussi des câbles composés de 6 torons de 19 fils « 6 x 19 » ainsi que des câbles de 6 torons de 7 fils. La réalisation de câbles avec moins de fils dans le toron nécessite d’utiliser des fils de plus gros diamètre. Plus le fil est gros, plus il est résistant à l’usure. En revanche, le câble est plus rigide.

Constitution de l’élingue

L’élingue simple est constituée d’un câble et d’une terminaison à chaque extrémité. La terminaison peut être une boucle, une boucle avec cosse-cœur ou cosse pleine, une boucle manchonnée ou une boucle épissée. Un accessoire d’extrémité peut être associé à chaque boucle tels qu’anneau, manille, crochet.
Le manchonnage est spécifié dans une norme sur les terminaisons de câble.

 

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Dans tous les cas, le manchonnage doit être réalisé suivant les indications données pas les fabricants du manchon : dimension du câble et du manchon, composition du câble, préparation de l’extrémité du câble, mode de pressage.

Les élingues multibrins sont constituées par association de 2, 3 ou 4 brins avec un anneau de tête, avec ou sans anneau intermédiaire.

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Il existe également des élingues sans fin appelées également estrope ou élingue fermée. Elles sont formées par un élément dont les extrémités ont été raccordées entre elles.

Identification de l’élingue

Les élingues mises en service depuis 1995 doivent posséder un marquage durable comprenant les informations suivantes :

  • la marque d’identification du fabricant de l’élingue,
  • le numéro ou la série de lettres identifiant l’élingue et assurant le lien avec la déclaration de conformité,
  • la charge maximale d’utilisation pour les élingues simples ; pour les élingues à brins multiples, cette charge doit être accompagnée des angles d’application des charges,
  • le marquage CE.
    Les élingues mises en service avant 1995 doivent comporter au minimum la charge maximale d’utilisation et une marque d’identification.

L’identification de l’élingue est un point très important, indispensable pour permettre le suivi de l’accessoire et notamment les entretiens ou réparations effectués ainsi que les vérifications réglementaires. Chaque élingue doit donc pouvoir être identifiée individuellement.

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4.2 Les élingues chaînes

Constitution de la chaîne

Les chaînes utilisées pour la confection des élingues sont les chaînes à maillons courts, de tolérance moyenne.
Les chaînes ne respectant pas la relation P = 3d ne doivent pas être utilisées pour le levage.
Les chaînes à maillons courts se divisent en différentes classes correspondant aux propriétés mécaniques du produit fini. Les classes existantes portent les indices 4, 5, 6, 8, 10 et 12 .
Plus l’indice est élevé, plus la contrainte moyenne à la force de rupture est élevée.
Par conséquent, pour une charge maximale d’utilisation donnée, une chaîne de classe 8 sera plus légère qu’une chaîne de classe 4.
Par contre, les chaînes d’indice élevé sont sensibles aux températures élevées et aux milieux acides.
La classe 8, généralement de couleur rouge ou jaune, est la classe la plus répandue pour la confection des élingues chaînes.

Constitution de l’élingue

L’élingue en chaîne est constituée d’une chaîne et d’accessoires d’élingage tels que crochets, mailles de tête, maille intermédiaire pour les élingues à assemblage par soudage.

 

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Les élingues utilisent en grande majorité des chaînes de classe 8.
Il existe aussi des élingues de classe 10, plus rares, généralement utilisées dans l’industrie.
La classe 4 est utilisée pour la confection d’élingues destinées aux ateliers de galvanisation ou en milieux acides.
Dans la constitution d’une élingue, tous les composants doivent être de même classe et de même capacité de charge.

Identification de l’élingue

Les élingues chaînes mises en service depuis 1995 doivent comporter les informations suivantes :

  • la charge maximale d’utilisation (CMU) en tonnes ou en kilogrammes et la
    plage d’angle correspondante pour les élingues à brins multiples,
  • la marque d’identification individuelle (reprise dans le certificat du fabricant), 4 le nom ou le symbole du fabricant,
  • la classe de l’élingue, par exemple 8,
  • le nombre de brins,
  • le marquage CE.

La dimension nominale peut être marquée si cela est demandé.
Les élingues mises en service avant 1995 doivent comporter au minimum la charge maximale d’utilisation et une marque d’identification.

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L’identification de l’élingue est un point très important, indispensable pour permettre le suivi de l’accessoire et notamment les entretiens ou réparations effectués ainsi que les vérifications réglementaires. Chaque élingue doit donc pouvoir être identifiée individuellement.

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Sur le marquage reproduit à la figure 9, la classe de l’élingue est représentée par la forme de la plaquette. De la même manière, les élingues de classe 4 portent une plaquette de forme carrée.

4.3 Les élingues en textile chimique

Les élingues en textile regroupent les élingues plates en sangles tissées et les élingues rondes. Compte tenu de la durée de vie des élingues textiles, seules les élingues marquées « CE » sont traitées dans le mémento.

Composition des textiles

Les matières utilisées pour la confection des sangles plates ou des élingues rondes sont :

  • des polyamides (PA),
  • des polyesters (PES),
  • des polypropylènes (PP).

Ces différentes matières ont des propriétés mécaniques différentes ainsi que des comportements différents lors de l’exposition à la chaleur ou à des produits chimiques.

Constitution de l’élingue

Les élingues plates en sangles tissées peuvent être associées à des accessoires d’élingage pour réaliser les terminaisons, ou cousues pour former des boucles.
Les élingues rondes sont constituées par une âme (un ou plusieurs fils) enroulés ensemble afin de former un écheveau sans fin. Cet écheveau est inséré dans un fourreau de même matière de base que l’âme.
Les élingues textiles sont sensibles aux agressions mécaniques. Il est possible de protéger ces élingues avec un fourreau de protection en cuir, toile forte, tissu ou tout autre matériau durable.

Identification de l’élingue

Les élingues textiles possèdent une étiquette permettant d’identifier les principales caractéristiques.

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La couleur de l’étiquette détermine la matière textile :

  • vert : polyamide,
  • bleu : polyester,
  • marron : polypropylène

L’étiquette comporte une partie visible et une partie cachée dans le chevauchement de la gaine ou de la sangle.

La partie visible doit contenir :

    • la charge maximale d’utilisation (CMU) en tonnes ou en kilogrammes et la plage d’angle correspondant pour les élingues à brins multiples,
    • la matière utilisée,
    • la classe des accessoires (boucles…),
    • la longueur nominale en mètres,
    • le nom ou symbole du fabricant,
    • le code de traçabilité,
    • le numéro de la norme harmonisée.
      Cette étiquette doit également contenir le marquage CE. La figure 11 présente un exemple d’étiquette.
      Le code de traçabilité permet d’identifier les éléments de base de fabrication suivants :
    • identification de la sangle pour les élingues sangles ou de la matière de l’âme et de la gaine,
    • identification du contrôle du fabricant,
    • identification et classe des accessoires

L’identification de l’élingue est un point très important, indispensable pour permettre le suivi de l’accessoire et notamment les entretiens ou réparations effectués ainsi que les vérifications réglementaires. Chaque élingue doit donc pouvoir être identifiée individuellement.

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4.4 Les élingues en corde

Compte tenu de la durée de vie des élingues en corde, seules les élingues marquées « CE » sont traitées dans le mémento. Les élingues en cordage textile regroupent les élingues en cordage toronné à base de fibre synthétique ou naturelle.
Composition des textiles
Les matières utilisées par la confection des cordes toronnées sont :

  • pour les fibres naturelles : manille
    (Ma), chanvre (Ha), sisal (SI),
  • pour les fibres synthétiques : polyamides (PA), polyesters (PES), polypropylènes (PP).

Ces différentes matières ont des propriétés mécaniques différentes ainsi que des comportements différents lors de l’exposition à la chaleur, à l’humidité ou à des produits chimiques.

L’identification de l’élingue est un point très important, indispensable pour permettre le suivi de l’accessoire et notamment les entretiens ou réparations effectués ainsi que les vérifications réglementaires. Chaque élingue doit donc pouvoir être identifiée individuellement.

Constitution de l’élingue
Les élingues simples en corde toronnée sont réalisées par une boucle épissée à chaque extrémité, avec ou sans cosse dans la boucle. Les élingues multibrins sont réalisées par association d’élingues simples à une maille de tête.

Identification de l’élingue

Les élingues en cordage possèdent une étiquette permettant d’identifier les principales caractéristiques.

La couleur de l’étiquette détermine la matière textile :

  • vert : polyamide,
  • bleu : polyester,
  • marron : polypropylène,
  • blanc : chanvre, sisal, manille.

L’étiquette doit contenir :

  • la charge maximale d’utilisation (CMU) en tonnes ou en kilogrammes et la plage d’angle correspondant pour les élingues à brins multiples,
  • la matière utilisée,
  • la classe des accessoires,
  • la longueur nominale en mètres,
  • le nom ou symbole du fabricant,
  • le code de traçabilité,
  • le numéro de la norme harmonisée.
    Cette étiquette doit également contenir le marquage CE.

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La détermination de la charge maximum d’utilisation

5.1 Les élingues pour applications courantes

Les élingues pour applications courantes sont les élingues fabriquées conformément aux normes harmonisées. La charge maximale d’utilisation d’une élingue dépend du matériau (chaîne, câble, textile…), du nombre de brins et du mode d’accrochage de la charge (en panier, bagué). Dans tous les cas, la CMU est marquée sur l’équipe-ment ainsi que sur la notice du fabricant qui accompagne l’élingue neuve.
Si le mode d’élingage n’est pas traité dans ce chapitre ou si l’élingue est particulière (chargement asymétrique),  veuillez vous reporter au paragraphe 5.2 « Les élingues particulières ».

Élingues câbles

La CMU est fixée en fonction de la com-position du câble, de son diamètre, de la terminaison (manchonnage, culottage, épissure), du nombre de brins et l’angle entre les brins.
À titre d’exemple, la figure 14 définit la charge maximale d’utilisation d’une élingue en câble (6 x 36 ou 6 x 19) fabriquée suivant la norme harmonisée, munie de terminaison à boucles manchonnées. Attention : ce tableau est donné à titre d’exemple et ne peut pas être utilisé pour une autre composition de câble ou une autre terminaison d’élingue.
Dans ce tableau, la charge maximale d’utilisation en tonnes est définie pour les différents modes d’élingage.

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Les valeurs de ce tableau sont reproduites sur la plaquette attachée à l’élingue. Par exemple : une élingue 3 brins de diamètre 14 mm peut lever une charge de 4 350 kg si l’angle ß entre l’élingue et la verticale est inférieur à 45°, et 3 150 kg si l’angle ß est compris entre 45° et 60°.
L’utilisation de ce tableau ou des valeurs affichées sur l’élingue sous-entend le respect des hypothèses suivantes :

  • pour les élingues à brins multiples, tous les brins doivent être disposés symétriquement et former le même angle par rapport à la verticale,
  • pour les élingues simples ou les estropes, les boucles nues de l’extrémité de l’élingue sont utilisées sur des points d’appui dont le diamètre est au minimum deux fois supérieur au diamètre nominal du câble.

La méthode de détermination de la capacité des élingues à brins multiples pour applications courantes supprime la nécessité de recourir aux formules de trigonométrie pour définir la CMU en fonction de l’angle ß.

Dans le cas d’une utilisation avec un angle ß inférieur à 45°, il ne faut pas recalculer l’élingue avec la méthode de trigonométrie pour augmenter la charge maximale d’utilisation. En effet, les accessoires d’élingage (crochet, anneau de tête…) n’ont pas été calculés pour une charge supérieure.

Élingues chaînes

Pour les élingues en chaîne, les normes ont prévu des élingues de classe 4 et des élingues de classe 8.
À chacune de ces classes correspond un tableau reprenant les charges maximales d’utilisation en tonnes.
Les élingues de classe 8 ont une CMU fixée par la figure 15 ci-contre.

Élingues textiles

Les élingues textiles d’usage courant sont des élingues plates en sangles tissées ou des élingues rondes.

Élingues plates en sangles tissées

La charge maximale d’utilisation de l’élingue plate est dérivée de la CMU de l’élément de sangle cousue multipliée par le facteur de mode d’élingage approprié M, conformément à la figure 16 ci-contre.

Élingues rondes

La charge maximale d’utilisation d’une élingue ronde est dérivée de la CMU d’une élingue ronde en levage direct multipliée par le facteur de mode d’élingage approprié, conformément à la figure 17 (p. 28).
Dans les tableaux 16 et 17, le facteur de mode d’élingage M est donné pour un chargement symétrique. La tolérance de position pour les élingues ou parties d’élingues indiquées comme verticales est de 6°.

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275.2 Les élingues particulières

Pour les élingues qui ne sont pas destinées à un usage courant, la CMU peut être déterminée par les formules suivantes.

Élingues simples

où :

CMU = charge maximale d’utilisation exprimée en tonnes,
Fmin = charge de rupture minimale en kilo newtons,
kt = coefficient qui se rapporte à l’efficacité de la terminaison,
Zp = coefficient d’utilisation,
g = coefficient de gravité terrestre.

Le coefficient d’utilisation dépend du matériau utilisé :

Zp = 4 pour les chaînes,

Zp = 5 pour les câbles,

Zp = 7 pour les cordages ou sangles en fibres textiles.

Le coefficient d’efficacité de la terminaison dépend aussi du matériau :
4 pour les sangles cousues, kt = 1, car la charge de rupture minimale est déterminée avec la sangle cousue, 4 pour les chaînes, kt = 1, car tous les éléments d’extrémité sont inclus dans la détermination de la charge de rupture minimale, 4 pour les câbles, kt 0,8 pour les terminaisons épissées, 0,9 pour les terminaisons manchon-nées.

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Élingues simples avec prise sous la charge

Certains modes d’élingage, avec prise sous la charge, nécessitent de réduire la charge maximale d’utilisation. Les normes sur les élingues chaînes et les élingues câbles ne prennent pas en compte ces modes d’élingage. Seul l’élingage en nœud coulant est traité dans ces normes. Ce mode d’élingage n’est pas recommandé avec les câbles ou chaînes car il endommage les matériaux. Pour les élingages avec prise sous la charge, il est recommandé d’utiliser des élingues avec crochets coulissants ou crochets d’étranglement.
Pour permettre la prise en compte d’élingage particulier, le tableau 19 issu de la norme NF E 52-150 donne quelques valeurs du facteur de mode élingage M. Pour connaître la capacité de levage d’une élingue avec un mode d’élingage particulier, il faut multiplier la CMU de l’élingue simple par le facteur de mode d’élingage M. La relation : « poids de la charge < CMU x M » doit donc toujours être vérifiée.

Élingues à brins multiples avec répartition égale de la charge entre chaque brin

La CMU d’une élingue multibrins est fonction du nombre de brins et de l’angle ß.

  • Pour une élingue 2 brins :

CMU (élingue) = 2 x CMU (élingue simple) x cos ß

  • Pour une élingue 3 brins :

CMU (élingue) = 3 x CMU (élingue simple) x cos ß

  • Pour une élingue 4 brins :

La CMU est la même que pour une élingue 3 brins. En effet, dans ce cas, la charge est supportée par 3 brins de l’élingue.

Remarque : si la charge est rigide, celle-ci sera portée par seulement 2 brins de l’élingue. Pour une élingue multibrins, la capacité de levage dépend de l’angle entre les brins. La figure 18 (p. 30) illustre la variation des forces pour deux longueurs différentes d’élingue.
Dans le cas d’un élingage symétrique, la résultante de levage RL est égale à la moitié de la masse de la charge.
La composante de levage augmente lorsque l’angle ß augmente suivant la relation :Plus l’élingue est longue, plus la composante de levage se rapproche de la moitié de la masse de la charge.
Il est à noter que l’élingage à 2 brins génère une résultante de compression, notée RC, qui peut endommager la charge levée.

Sa valeur est donnée par la relation suivante :
RC = C x sin ß
Plus l’angle ß est important, plus la résultante de compression est importante.

Élingues à brins multiples avec charge non répartie sur chaque brin
Les CMU données dans les chapitres précédents supposent une répartition uniforme de la charge. Cela signifie que lors du levage, les brins de l’élingue sont disposés symétriquement dans un même plan et forment des angles égaux avec la verticale.

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Dans le cas des élingues à 3 brins, si les brins ne sont pas répartis symétrique-ment dans le plan, la tension la plus forte est exercée sur le brin où la somme des angles dans le plan par rapport au brin voisin est la plus grande.
Dans le cas d’élingues à 2, 3 ou 4 brins, si les brins forment différents angles par rapport à la verticale, la tension la plus forte s’exerce sur le brin faisant le plus petit angle avec la verticale. Dans le cas extrême d’un brin vertical, celui-ci porte la charge dans son intégralité.
Les normes EN 818-6 pour les élingues chaînes et EN 13414-2 pour les élingues câbles donnent une méthode de calcul de la charge maximum d‘utilisation en tenant compte des élingages asymétriques. Le chapitre 8.4 donne quelques préconisations pour les élingages asymétriques.

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Dix règles pour élinguer en sécurité

Ce chapitre traite des pratiques à respecter pour la préparation et la mise en œuvre de l’élingage.

6.1 Préparer l’élingage

La sécurité de l’élingueur est assurée par le respect des règles suivantes :

  • reconnaître le parcours qui sera
    effectué avec la charge,
  • dégager les allées de circulation et
    le lieu de dépose de la charge,
  • ne jamais se trouver sous la charge ni déplacer la charge au-dessus des personnes,
  • ne jamais se trouver entre la charge et un obstacle fixe ou un mur pour éviter l’écrasement en cas de balancement de la charge ou de mauvaise manœuvre.

Ces règles ne dispensent pas l’élingueur de porter des équipements de protection individuelle pour se protéger des risques liés à son activité.
Les équipements de protection individuelle nécessaires pour les personnes effectuant des travaux d’élingage sont :

  • des chaussures de sécurité dont les spécifications sont données par la norme NF EN 345 ;
  • des gants de protection contre les risques mécaniques dont les spécifications sont données par la norme NF EN 388 ; pour les manipulations des élingues câbles, les gants doivent être bien sélectionnés et avoir une bonne protection vis-à-vis de l’abrasion et de la perforation ;
  • un casque de protection dont les spécifications sont données par la norme NF EN 397.

Si l’élingueur intervient à une distance importante du conducteur de l’appareil de levage ou avec des conditions climatiques difficiles (brouillard), il est souhaitable de porter un vêtement à haute visibilité de classe 2 suivant la norme EN 471.

6.2 Évaluer la charge à lever

Le choix des caractéristiques de l’élingue nécessite de connaître la masse de la charge à soulever ainsi que la position du centre de gravité.

Masse de la charge

En l’absence d’information sur la masse de la charge et de la possibilité de peser cette charge, il faut procéder à son évaluation en utilisant la relation suivante :

Masse = volume X masse volumique

Masse en kg
Volume en m3
Masse volumique en kg par m3

Cette méthode conduit à faire l’évaluation du volume de la charge. Compte tenu de l’incertitude de cette méthode, il est préférable de surévaluer le volume.

La masse volumique des matériaux courants est de :

  • 800 kg/m3 pour le bois,
  • 1 000 kg/m3 pour l’eau,
  • 2500 kg/m3 pour le béton armé,
  • 8 000 kg/m3 pour le fer, l’acier et la fonte.

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Évaluation du centre de gravité

Le centre de gravité est le point d’application du poids de la charge, noté CDG.
Le centre de gravité des formes régulières est indiqué dans la figure 20. Pour les formes non régulières, il faut procéder à une étude pour connaître le centre de gravité.
Pour que la charge levée soit stable, il faut que le(s) point(s) d’accrochage de l’élingue sur la charge se situe(nt) au-dessus du centre de gravité.
Pour que la charge ne bascule pas lors du levage, il faut que le centre de gravité de la charge soit situé à la verticale du crochet de l’appareil de levage.

6.3 Rendre la charge monolithique

Dans le cas d’une palette de bois ou d’un ensemble de poutres non solidaires, la charge est fractionnée.
L’élingage est le lien entre la charge et l’appareil de levage, il ne doit pas être confondu avec le moyen de rendre une charge d’un seul bloc.
Dans ce cas, il est donc nécessaire de rendre les éléments de la charge solidaires. Cette opération peut se faire à l’aide d’un cerclage métallique, plastique ou d’un film plastique.

 

 

 

 

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L’emploi d’un cerclage ou de fils d’acier doux pour rendre solidaire un ensemble de matériaux en l’entourant permet de rendre les éléments de la charge solidaires. Ces dispositifs de cerclage ne doivent par être utilisés pour l’accrochage des élingues sur la charge.

Attention : il faut toujours distinguer le dispositif utilisé pour rendre les éléments de la charge solidaires et le dispositif utilisé pour accrocher l’élingue. Ces deux dispositifs ne doivent pas être confondus. Il ne faut jamais soulever la charge en accro-chant l’élingue sur le dispositif de cerclage.

L’emploi des feuillards d’acier conçus pour le levage permet de solidariser une charge par cerclage. La charge peut ensuite être levée avec des fourches ou à l’aide d’un crochet spécial. Cette technique est très particulière et doit être mise en œuvre avec beaucoup d’attention, en respectant les préconisations du fournisseur du feuillard.

Dans le cas de matériaux de petite dimension, il est préférable d’utiliser un panier, conteneur, big-bag… pour les transporter.

6.4 Choix de l’élingue

Le choix de la bonne élingue est l’un des points délicats de la préparation d’élingage. Ce choix est en effet déterminant pour la sécurité des opérateurs.

Choix de la matière
Les différentes matières (métal, textile) ont une incidence sur le poids de l’élingue et la flexibilité de celle-ci.
Il faut également tenir compte de l’atmosphère ambiante, du lieu d’utilisation qui peut conduire à des choix de matières différents.
Température
La température modifie la charge et la résistance de ces matériaux. Il faut tenir compte des données du tableau 22.

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Agents chimiques
Les agents chimiques modifient les caractéristiques des matériaux. Le tableau suivant donne des orientations sur les propriétés des matériaux.
Les solutions acides ou alcalines, initialement inoffensives, peuvent devenir suffisamment concentrées pour causer des dommages, du fait de l’évaporation.
Caractéristiques de l’élingue
La charge maximum d’utilisation de l’élingue définie au chapitre 5 est, si nécessaire, diminuée par les facteurs d’ambiance du paragraphe précédent. Elle doit être supérieure à la masse de la charge à lever. La longueur de l’élingue est une carac-téristique importante pour les élingues à brins multiples. Plus l’élingue est longue, plus l’angle ß (angle entre un brin et la verticale) est fermé. Il en résulte une augmentation de la CMU de l’élingue. Il est préférable de rechercher un angle inférieur à 30°. En contrepartie, une élingue de grande dimension nécessite une importante hauteur de levage de l’appareil. Dans le cas où la hauteur de levage de l’appareil n’est pas compatible avec la longueur de l’élingue, il faut utiliser un palonnier (cf. chapitre 8, « Accessoires de levage particuliers »).

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6.5 Procéder à une inspection visuelle

Bien que les accessoires de levage soient soumis à une vérification générale périodique tous les ans, il est nécessaire de procéder à un examen visuel de l’accessoire avant son utilisation. Cet examen vise à s’assurer que l’accessoire n’a pas été détérioré lors des utilisations précédentes ou lors du stockage et qu’il peut donc être utilisé en toute sécurité. Si l’examen visuel conduit à identifier un défaut sur l’accessoire, celui-ci doit être retiré du service. Il faut alors procéder à une vérification complémentaire par un spécialiste (cf. chapitre 3, partie « Vérifications »).

Pour tous les accessoires de levage, si le marquage de la CMU ou l’identification de l’accessoire a disparu, ceux-ci doivent être retirés du service.
Pour les élingues câbles

Il convient de retirer l’élingue du service si l’un des phénomènes suivants est observé :

  • un dommage tel qu’usure, déformation ou fissure sur les terminaisons supérieures ou inférieures,
  • une concentration de 3 fils extérieurs cassés sur un toron,
  • une concentration de 6 fils extérieurs cassés sur une longueur de six fois le diamètre ou 14 fils cassés sur une longueur de quatorze fois le diamètre, cassés sur une longueur de six fois le diamètre ou 14 fils cassés sur une longueur de quatorze fois le diamètre,
  • une importante déformation du câble tel que distorsion, coque ou saillie de l’âme du câble,
  • une diminution du diamètre du câble atteignant 10 % de son dia-mètre nominal,
  • une corrosion des terminaisons du câble provoquant creusement ou grippage des fils dans le câble,
  • un dommage thermique signalé par la décoloration des fils, une perte de lubrification ou un creusement des fils causé par un arc électrique.

Pour les élingues chaînes
Il convient de retirer l’élingue de service si l’un des phénomènes suivants est observé :

  • une déformation des accessoires
    d’extrémité supérieure ou inférieure,
  • un allongement de la chaîne de plus
    de 5 % mesuré sur 10 à 20 maillons,
  • une usure de 10 % du diamètre du fil
  • une entaille, strie, rainure, fissure, corrosion, décoloration par effet thermique
  • gauchissement ou déformation des maillons,
  • une ouverture du bec du crochet, dont l’accroissement de l’ouverture atteint 10 % de la dimension nominale.

Pour les élingues textiles
Il convient de retirer l’élingue du service si l’un des phénomènes suivants est observé :

  • toute détérioration locale de la sangle,
    distincte de l’usure générale
  • une coupure transversale ou longitudinale, un endommagement des lisières par coupure ou échauffe-ment, une coupure des coutures ou des boucles

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  • une attaque chimique qui provoque un affaiblissement ou ramollissement de la matière ; ceci est indiqué par un écaillement de la surface de la gaine qui peut être arrachée ou enlevée par le frottement
  • un dommage dû à la chaleur ou aux frictions ; ceci est indiqué par l’apparence satinée que prennent les fibres ; dans les cas extrêmes, une fusion de fibre peut apparaître ; ce dommage peut également apparaître par un “point dur” à l’intérieur de la gaine d’une élingue ronde
  • une déformation de l’accessoire d’extrémité.

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Pour les élingues textiles rondes, il existe un procédé (fils d’usure tissés sous la trame) qui permet de mettre en évidence l’usure des élingues.
Les élingues textiles sont également sensibles au soleil. Les rayons ultraviolets provoquent une détérioration des élingues. Celles-ci peuvent être fragilisées sans que leur aspect soit modifié. Les élingues souvent exposés au soleil doivent faire l’objet d’une attention particulière.
Dans tous les cas, il convient de tenir compte des informations communiquées par le fabricant (notice) pour connaître la durée de vie de l’élingue.

6.6 Accrochage de la charge

La charge possède des points d’accrochage

Mise en place des crochets
Si la charge possède des points d’accrochage du type anneau de levage ou piton à œil, il est préférable d’utiliser des élingues dont l’extrémité inférieure se termine par un crochet. À défaut, il est nécessaire d’utiliser une manille pour faire la jonction entre la boucle d’extrémité de l’élingue et l’anneau. Les préconisations attachées à l’utilisation des manilles sont traitées dans le chapitre 8. Il est aussi possible d’utiliser un anneau de levage muni d’un crochet, qui permet un accrochage sûr et rapide sur tous types d’élingues.
Les anneaux de levage avec embase doivent être vissés à fond de manière que la face de l’embase soit bien plaquée contre la pièce. Une traction oblique jusqu’à 45° par rapport à l’axe de taraudage peut être admise, unique-ment si elle s‘exerce dans le plan de l’anneau. Toute charge appliquée sur le travers de l’anneau est strictement interdite (voir figure 26, p.41).
Le crochet doit être équipé d’un linguet de sécurité à ressort ou de tout autre dispositif équivalent. La dimension du crochet doit permettre un passage aisé dans l’anneau, pour que celui-ci puisse se positionner sur le fond du siège du crochet.
Pour les élingues à brins multiples, le passage du crochet dans l’anneau doit être réalisé avec le bec du crochet orienté vers l’extérieur. Cette solution, représentée sur la figure 24, déplace la résultante des forces vers le siège du crochet plutôt que vers le bec du crochet.

Mise en place de l’élingue

Si la charge possède un piton fileté à œil, il est important que la force de levage soit alignée avec la tige. Cette exigence exclut l’utilisation de plusieurs pitons utilisés avec une élingue multibrins. Ces dispositifs ne peuvent être utilisés qu’avec une élingue simple ou avec un palonnier. Dans le cas d’une élingue simple, le piton doit être correctement aligné avec le centre de gravité de la charge.
Dans le cas d’un élingage sur plusieurs anneaux, il faut respecter les prescriptions suivantes :

  • Utiliser des anneaux à embase.
  • Les anneaux doivent être vissés à fond jusqu’à l’embase.

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  • Le contact entre l’embase de l’anneau et la pièce à lever doit se faire sur toute la surface de l’embase.
  • L’anneau ne doit jamais être sollicité en flexion. Il faut donc que la force soit dans le plan de l’anneau. La difficulté de faire coïncider l’orientation de l’anneau après serrage et la direction de la force de traction peut se résoudre par l’utilisation d’un anneau orientable.
  • Chaque brin de l’élingue ne doit pas s’écarter de plus de 45° par rapport à la verticale. Suivant les anneaux utilisés, il faut appliquer une réduction de la CMU de l’anneau en fonction de l’angle. Pour dépasser la valeur de 45°, une étude particulière est nécessaire.
  • Si l’accrochage de la charge se fait par des anneaux sur les parois latérales, il faut utiliser des anneaux orientables et articulés. Il faut prévoir un espace entre l’anneau et la paroi de la charge pour que le crochet puisse se positionner correctement. Tout contact de l’élingage sur la charge engendre une perte de CMU. 4 Si une opération de basculement de la charge est nécessaire, il faut utiliser des anneaux orientables et articulés avec roulement à billes afin d’éviter les à-coups.

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L’ensemble de ces préconisations conduit à exclure l’élingage avec une élingue simple entre deux anneaux. Cet élingage écarte la force de traction de l’axe de la tige de l’anneau (voir figure 27, p.42). L’utilisation d’un nombre réduit de brins sur une élingue multibrins est possible si la capacité de l’élingue est suffisante. Dans ce cas, le crochet non utilisé sera accroché dans la maille de tête pour éviter tout incident.

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La charge ne possède pas de point d’accrochage

Si la charge ne possède pas de point d’accrochage, il faut envisager :

  • soit l’utilisation d’un équipement amovible de prise de charge particulier, tel que cé de levage, pince à fût, à tôle, aimants de levage, ventouses à dépression, etc.,
  • soit la prise de la charge à l’élingue par le dessous : élingage en panier, élingage en nœud coulant, etc.

Dans chacun des cas, le fournisseur des matériels à lever doit :

  • soit fournir l’accessoire de levage particulier ou l’équipement amovible de prise de charge qui permet la préhension de la charge en toute sécurité,
  • soit fournir les instructions définissant l’élingage à utiliser et détaillant la mise en œuvre.

Utilisation des équipements amovibles de prise de charge

Il existe une très grande diversité d’équipements. Ils sont conçus pour la préhension de forme particulière.
La mise en œuvre doit respecter la notice d’utilisation qui doit obligatoirement accompagner l’accessoire. Cette notice reprend les instructions d’utilisation, de montage et de maintenance et les limites d’emploi.

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Il est important de prendre connaissance de ces instructions et de les respecter.

Élingage sous la charge

Pour un élingage sous la charge avec une élingue textile, il faut apporter une attention particulière au risque de rupture de l’élingue par coupure (voir chapitre 6.9).
Élingue sans fin travaillant en levage bagué
Ce mode d’élingage, quelquefois appelé en nœud coulant, est très utilisé avec des élingues textiles. Il est déconseillé avec des élingues câbles ou chaînes car il endommage l’élingue.
Pour ce mode d’élingage, il est possible d’utiliser une élingue avec un crochet coulissant ou crochet d’étranglement pour ne pas endommager le câble ou la chaîne.
Il existe aussi des élingues textiles spéciales pour l’élingage en panier. Ces élingues travaillent en étranglement, avec un crochet pouvant glisser sur la sangle. Ces élingues nécessitent d’être mise en place sur le centre de gravité de la charge.

Élingue simple travaillant en levage bagué

Lors de l’utilisation d’une élingue simple en levage bagué, il est possible de réduire le risque de glissement entre la charge et l’élingue en effectuant un tour mort. Dans le cas d’une élingue chaîne simple avec crochet, le crochet peut être repris dans la maille de tête de l’élingue mais ne doit pas être repris sur un maillon de chaîne.

Élingage des charges longues

Pour les charges longues, il est nécessaire d’utiliser deux élingues de préférence avec un palonnier. L’utilisation du palonnier réduit le risque de glissement et réduit les efforts dans les élingues (voir chapitre 8).
Il est important que le risque de glissement de l’élingue sur la charge soit pris en compte. Pour cela, on utilise astucieusement la géométrie de la charge ou l’on fait un ou plusieurs tour(s) mort(s) sur la charge avec l’élingue.

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6.7 Accrochage de l’élingue sur le crochet de l’appareil de levage

Les élingues simples sont reliées au crochet par une extrémité. La boucle de l’élingue ou sa maille doit reposer sur le fond de siège. La charge ne doit jamais être supportée directement par le crochet, sans élingue.

Les élingues multibrins sont toujours reliées au crochet par la maille de tête. La maille de tête doit se positionner correctement sur le crochet. Pour ce faire, il faut que la dimension intérieure de la maille permette un espace libre de chaque côté du crochet. Cet espace doit être supérieur à 10 % de la largeur du crochet (voir figure 29).
La dimension de la boucle cousue des élingues textiles plates doit être compatible avec celle du
crochet. Pour éviter le déchirement des fils de couture de la boucle, l’angle d’ouverture de la boucle d’extrémité doit être au maximum de 20°. Cette condition est atteinte lorsque la longueur de la boucle d’extrémité est supérieure à 3,5 fois l’épaisseur du crochet (voir figure 31).
Les élingues sans fin en câble métallique ne doivent jamais être mises en appui ou pliées à l’endroit du raccordement (manchonnage ou épissure).

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Dans le cas d’une élingue sans fin épissée, un repère rouge indique la zone d’épissure. Il est important de ne pas plier cette zone. L’élingue ne doit pas être reliée au crochet de l’appareil de levage à proximité du repère rouge. La même préconisation s’applique aux élingues rondes. La jonction du fourreau ne doit pas se trouver sur le crochet ou sur la prise de charge.

Dans le cas d’élingage en 2 brins avec la même élingue (simple ou sans fin), il faut éviter tout risque de glissement sur le crochet. Ce mode d’élingage doit donc être évité. Si cet élingage est réalisé avec une élingue textile ronde ou cordage, il est possible de prévenir le glissement sur le crochet par l’utilisation d’une boucle morte sur celui-ci.

Les élingues ne doivent jamais se superposer dans le crochet, sous peine d’endommager l’élingue de manière irréversible.
Le crochet doit s’opposer au décrochage accidentel des élingues (linguets de sécurité ou dispositif similaire).

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6.8 Vérification de l’angle d’élingage

Les élingues multibrins ont une charge maximale d’utilisation qui dépend de l’angle ß, angle entre un brin d’élingue et la verticale. Après avoir positionné l’élingue, il est important de procéder à la vérification de l’angle d’élingage.
Cette vérification peut être effectuée avec un gabarit d’angle de 45° et 60°(par exemple une équerre). Une autre méthode consiste à vérifier le rapport entre les différentes longueurs. Ce paragraphe donne une méthode simple pour les élingages symétriques.
La CMU comporte deux valeurs, l’une pour l’angle ß inférieur à 45° et l’autre pour l’angle ß compris entre 45 et 60°.

Angle inférieur à 45°

Dans le cas d’élingue 2 brins, il faut vérifier que H est plus grand que D/2.
Pour les élingues de 3 et 4 brins, il faut vérifier sur chaque brin que H est plus grand que 0,7 L.

Angle inférieur à 60°

Il faut vérifier que H est plus grand que L/2.
Ces vérifications peuvent être effectuées avec un mètre. En l’absence d’appareil de mesure la relation H est plus grande que L/2 peut être vérifié de la façon suivante :

  • prendre une cordelette de la longueur
    nominale d’un brin de l’élingue,
  • plier cette cordelette en deux,
  • vérifier que la hauteur H est plus grande que la cordelette repliée.

6.9 Protection des arêtes vives

La charge peut comporter des arêtes vives. Dans ce cas, il faut utiliser des pièces d’angle ou des cornières appropriées pour ne pas endommager l’élingue.
Pour les élingues textiles, il est possible d’utiliser une sangle avec une enduction PVC ou polyuréthane ou des gaines amovibles. Les élingues chaînes doivent égale-ment être protégées contre les arêtes vives ; les maillons ne doivent jamais être sollicités en flexion.

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Lors de la mise sous tension, l’opérateur ne doit pas tenir l’élingue à la main, car ses doigts pourraient être écrasés lors du positionnement des différents composants de l’accessoire.
Dans un premier temps, l’élingue est mise progressivement sous tension sans soulever la charge.
Cette étape permet de vérifier le bon positionnement des crochets sur les anneaux ainsi que celui de la maille de tête sur le crochet de l’appareil de levage. La maille de tête doit être libre et se positionner en fond de siège sans se coincer sur le crochet.
Les linguets doivent revenir en appui sur les becs des crochets.
Une fois en tension, il faut vérifier qu’il n’y a pas de vrille, boucle, ni de nœud sur les éléments de l’élingue. Les brins ne doivent pas être croisés.
Il faut s’assurer que tous les brins sont mis en tension.
Dans un deuxième temps, si l’élingue est correctement positionnée, on peut continuer le mouvement de levage pour décoller la charge du sol. Si le centre de gravité de la charge n’est pas aligné avec le crochet, la charge va effectuer un mouvement non souhaité. Dans ce cas, il faut reposer la charge et modifier l’élingage pour que le crochet soit à la verticale du centre de gravité.
Si la charge présente une résistance anormale au levage, il ne faut pas insister mais rechercher la raison de cette résistance et y remédier en la dégageant si elle est accrochée à un obstacle.

Si le rayon de l’arête est plus petit que le diamètre nominal de la chaîne, il faut uti-liser une protection de coin ou réduire la capacité de charge de 20 % (voir figure 37). Une autre solution consiste à utiliser une chaîne de plus gros diamètre.

6.10 Mettre l’élingue sous
tension

Après avoir positionné l’élingue et effectué les vérifications préconisées dans le chapitre 5, l’élingue peut être mise sous tension.

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7 La manœuvre de la charge en sécurité

7.1 Avant la manœuvre de la charge

Avant d’effectuer la manœuvre de la charge, il faut procéder au repérage du trajet et du lieu de dépose. Si les allées sont encombrées, il faut les dégager. Il faut s’assurer qu’il ne reste aucun objet ou outil sur la charge à transporter et que la charge ne survolera personne lors de son déplacement.

7.2 Pendant la manœuvre de la charge

Si l’élingueur est également le conducteur de l’appareil de levage depuis le sol, il doit se positionner de façon à accompagner la charge et ne doit pas se déplacer à reculons.
Si l’appareil est conduit par un autre opérateur, l’élingueur informe le conducteur des mouvements à effectuer. Pour ce faire, il doit se placer de manière à être en permanence dans le champ de vision du conducteur.
La communication peut se faire avec un système phonique adapté ou par l’utilisation des gestes de commandement reproduits dans le tableau 38 ci-contre issu du fascicule de documentation E 52-401 établi par l’AFNOR.
Le conducteur de l’appareil et l’élingueur doivent, tous deux, avoir une parfaite connaissance de ces signaux.
La charge doit être levée verticalement ; la tirer en oblique est dangereux. La charge doit être déplacée à allure modérée, en restant près du sol, à une hauteur suffisante pour franchir les obstacles. L’appareil doit être conduit de manière à éviter le balancement de la charge.
Aucun travailleur ne doit stationner sous la charge. Il ne faut jamais faire passer la charge au-dessus du personnel.
Si, pour des raisons quelconques, un arrêt devait se produire, il ne faut pas laisser la charge suspendue, notamment au-dessus d’un passage. Il faut toujours la reposer.
La dépose de la charge ne peut se faire qu’après arrêt du déplacement horizontal et absence de balance-ment. Elle doit se faire sur un sol suffisamment solide, en évitant les couvercles et trappes, les caniveaux ou toute structure fragile. Il est interdit de balancer la charge pour la déposer plus loin que la zone d’action de l’appareil. Si nécessaire, il faut déposer la charge sur des cales afin de faciliter le retrait des élingues ou la reprise éventuelle de la charge.
Avant de libérer les élingues, il faut s’assurer du bon équilibre de la charge sur les cales. Pour dégager les élingues de la charge, il ne faut pas tirer sur celles-ci avec l’appareil de levage, mais les dégager à la main.

7.3 Après la manœuvre de la charge

Les élingues doivent être rangées sur un râtelier dans un endroit propre et sec. Les élingues textiles ne doivent pas rester exposées au rayonnement solaire. Les élingues endommagées doivent être retirées du service et détruites.

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8 Les accessoires de levage particuliers

Ce chapitre donne des précisions sur des accessoires particuliers ou des composants d’accessoires.

8.1 Les palonniers

 Le palonnier est un accessoire de levage qui s’intercale entre l’appareil de levage et la charge, il est formé d’une poutre (ou de plusieurs poutres) équipée(s) à sa partie supérieure d’un dispositif d’accrochage (œil ou anneau) au crochet de l’appareil de levage, et à sa partie inférieure de crochets pour recevoir les élingues supportant la charge.

L’utilisation du palonnier permet :

  • de prendre et de déplacer des charges longues et de soutenir en des points intermédiaires les charges longues flexibles,
  • de réduire l’angle d’élingage ß et donc de réduire la tension dans les élingues,
  • de réduire la hauteur libre qui serait nécessaire pour lever une même charge longue avec un élingage à 2 brins ou plus (voir figure 39).

Il existe de nombreux types de palonnier dont les conceptions diffèrent selon les usages auxquels ils sont destinés. Leurs capacités vont de quelques centaines de kilogrammes à plusieurs dizaines de tonnes.
La fabrication « artisanale » des palonniers est fortement déconseillée et doit, dans tous les cas, respecter les règles techniques de conception des accessoires de levage (cf. chapitre 3). De ce fait, il est recommandé de s’adresser à des spécialistes.

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Les palonniers sont aussi utilisés pour des manœuvres avec plusieurs appa-reils de levage. Ce type d’opérations doit faire l’objet d’une étude préalable.
L’utilisation d’un palonnier peut s’avérer très dangereuse si certaines précautions ne sont pas respectées :
4 la charge oscille d’autant moins que les élingues forment un trapèze avec un biais de 15 à 20° sur chaque brin (voir figure 40, p.52),  4 un palonnier est d’autant plus stable que le point d’accrochage sur le crochet de l’appareil de levage est plus éloigné de la poutre (voir figure 41, p.53).

8.2 Les manilles

Les manilles sont des accessoires d’assemblage utilisés pour faire une liaison entre :

  • un anneau de levage et l’extrémité d’une élingue,
  • le crochet de levage et une élingue,
  • la boucle d’extrémité d’une élingue et l’élingue pour un montage type « nœud coulant ».

Les différentes manilles

Les manilles en acier forgé peuvent avoir différentes formes :

  • les manilles droites,
    $les manilles lyres.
    La manille se compose d’un corps se terminant par des yeux et d’un axe de section circulaire qui passe à travers les yeux.
    Les axes peuvent être vissés ou boulon-nés goupillés. La norme NF EN 13889 fixe les exigences de sécurité des manilles droites et manilles lyres de classe 6 à axe vissé.
    Celles-ci comportent un marquage permettant d’identifier les principales caractéristiques.
    Le corps est marqué avec les informations suivantes :
  • charge maximale d’utilisation,
  • indication de la classe,
  • nom ou symbole du fabricant,
  • code de traçabilité,
  • marquage CE.

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L’axe des manilles doit comporter au moins le code de traçabilité ou la classe. Pour les diamètres supérieurs à 13 mm, le marquage comprend en plus l’indication de la classe et le symbole du fabricant.
Les instructions d’utilisation doivent être fournies avec les manilles.

Assemblage des manilles

Le corps et l’axe de la manille doivent être identifiables comme étant de la même dimension et de la même qualité.
Lors de l’assemblage, l’axe et le corps ne doivent être ni déformés, ni usés. Les filetages du corps et de l’axe ne doivent pas être endommagés.
Tous les composants de la manille doivent être exempts d’entailles, d’encoches, de fissures et de corrosions.
L’axe doit être correctement vissé dans l’œil de la manille, de telle sorte que l’embase de l’axe repose sur l’œil de la manille et que le filet de l’axe soit complètement engagé dans l’œil opposé.

Utilisation

Les manilles doivent toujours être sollicitées suivant leur axe longitudinal. Pour ce faire, il est préférable de placer le crochet sur l’axe plutôt que sur le corps. Si la largeur du crochet est inférieure à l’espace entre les deux yeux, il faut introduire deux entretoises sur l’axe, pour centrer le crochet entre les yeux. Lors de l’utilisation d’une élingue multibrins, la mise en œuvre de la manille doit être telle qu’il n’y ait pas d’effort de flexion sur le corps.
La manille utilisée pour relier deux élingues au crochet d’un appareil de levage doivent être assemblées de façon à recevoir les deux élingues dans le corps de la manille. L’angle compris entre les deux brins ne doit pas dépasser 120°, soit ß ≤ 60°.
Le montage doit toujours être effectué pour éviter le dévissage accidentel de l’axe.
Il convient de ne pas utiliser des manilles si la température n’est pas comprise entre – 20 °C et 200 °C sauf avis contraire du fabricant.

8.3 Exemples d’équipements amovibles
de prise de charge

Pinces à tôle

Une pince à tôle est un équipement utilisé pour manutentionner des tôles d’acier en les serrant entre ses mâchoires.

 

 

Pinces

Les pinces sont aussi dénommées griffes. Ces équipements sont utilisés pour pouvoir manutentionner une charge en se fixant sur une partie pré-déterminée de celle-ci.

Cé de levage

Accessoire en forme de  » C  » permettant la manutention de charges creuses, comme des bobines ou tuyaux.

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Fourches de levage

Cet accessoire permet la manutention de charges palettisées.
Son utilisation nécessite que la charge soit monolithique comme rappelé au chapitre 6.3.

8.4 Les élingages asymétriques

Dans le cas d’une charge asymétrique supportée par une élingue multibrins, il faut :

  • calculer la charge appliquée à l’élingue ; celle-ci est différente de la CMU marquée sur l’élingue qui correspond à des efforts uniformément repartis sur les brins ;
  • procéder à l’élingage de la charge en essayant d’aligner le centre de gravité de la charge à la verticale du crochet de l’appareil de levage.

Calcul de la charge maximum d’utilisation

Si l’élingage conduit à une absence de symétrie dans le plan ou à des angles inégaux par rapport à la verticale, deux cas peuvent se présenter.

Cas 1

L’élingage est presque symétrique si :

  • chaque angle des brins de l’élingue par rapport à la verticale est supérieur à 15°,
  • les angles des brins de l’élingue par rapport à la verticale ne diffèrent pas de plus de 15°;
  • dans le cas d’une élingue à 3 et 4 brins, la somme des angles plans de 2 brins voisins ne diffère pas de plus de 15°.

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Ces critères sont issus de la norme NF EN 13 414-2.
Dans ce cas, l’élingue peut être utilisée avec une charge inférieure à 80 % de la CMU marquée.

 

Cas 2

Si les paramètres du cas n° 1 ne peuvent être réunis, il convient de considérer le chargement comme asymétrique et de s’en remettre pour le levage à une personne compétente qui effectue le calcul des efforts.

Élingage des charges asymétriques

L’élingage des charges asymétriques avec des élingues multibrins rend difficile l’exigence d’alignement vertical de la maille de tête avec le centre de gravité de la charge.
Pour satisfaire cette exigence, il est nécessaire de posséder une élingue dont les brins ont une longueur différente. Il faut donc faire réaliser une élingue particulière ou utiliser des élingues dont la longueur des brins est réglable.

Cas 1 : les élingues câbles

L’utilisation d’une tête d’équilibrage avec une élingue câble permet d’aligner le crochet de levage et le centre de gravité.
Cette solution est uniquement envisageable pour l’élingage 2 brins.

Cas 2 : les élingues chaînes

Les élingues chaînes équipées de griffes de raccourcissement permettent de faire varier la longueur des différents brins.
Une élingue peut posséder plusieurs griffes de raccourcissement, pour ajuster la longueur de chaque brin.

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8.5 Les élingues à usage unique

Les élingues à usage unique sont en textiles et destinées à la manutention d’un seul produit.
Les élingues sont mises en place sur un produit, généralement lorsqu’il quitte un site de production, et reste « attaché » au produit lors des différentes manutentions jusqu’à l’utilisation finale du produit.

Caractéristiques des élingues à usage unique

Ces élingues relèvent de la même réglementation que les élingues d’usage courant mais il n’y a pas de norme harmonisée pour ces produits. Elles sont livrées avec un marquage (étiquette cousue sur la sangle) et une notice d’instructions.
Ces élingues ne doivent pas être réutilisées après avoir été retirées des charges manutentionnées. La mention « ne pas réutiliser » ou « non réutilisable » figure sur l’étiquette et quelquefois directement sur la sangle. Certaines élingues peuvent être équipées d’un système mécanique fixé sur l’élingue qui détruit celle-ci lors de l’opération de retrait de l’élingue. Ce dispositif assure que l’élingue ne sera pas réutilisée après avoir servi à la manutention d’une pièce.

Avantage de l’élingue à usage unique

Les opérations de mise en place et de retrait de l’élingue présentent des risque de chute de hauteur ou de plain-pied lorsque l’accès est difficile.
L’utilisation d’une élingue à usage unique nécessite une seule opération d’élingage et de retrait, alors que l’utilisation d’une élingue d’usage courant peut nécessiter quatre opérations d’élingage : lors du chargement du camion chez le constructeur, lors du dépôt sur un site de stockage, lors de la reprise pour le site d’utilisation, lors de la mise en place du produit.
En diminuant le nombre de mises en place de l’élingue, on diminue la fréquence d’exposition des opérateurs aux risques cités précédemment.

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Annexe

Principales références normatives des accessoires de levage

Certaines normes citées sont encore à l’état de projets. La référence de ces normes est alors précédée du préfixe « pr ». Ces projets peuvent encore être modifiés avant la parution définitive.

Pour les élingues câbles

NF EN 13414-1 : Élingues en câbles d’acier.
Sécurité. Partie 1. Élingues en câbles.
NF EN 13414-2 : Élingues en câbles d’acier.
Sécurité. Partie 2. Lignes directrices pour
la sélection, l’utilisation, le contrôle et la
mise au rebut.
NF EN 13414-3 : Élingues en câbles d’acier.
Sécurité. Partie 3. Estropes et élingues en
grelin.

Pour les les élingues chaînes

NF EN 818-1 : Chaînes de levage à
maillons courts. Sécurité. Partie 1. Conditions
générales de réception.
NF EN 818-2 : Chaînes de levage à
maillons courts. Sécurité. Partie 2.
Chaînes de tolérance moyenne pour
élingues en chaînes – Classe 8.
NF EN 818-3 : Chaînes de levage à
maillons courts. Sécurité. Partie 3.
Chaînes de tolérance moyenne pour
élingues en chaînes – Classe 4.

NF EN 818-4 : Chaînes de levage à
maillons courts. Sécurité. Partie 4.
Élingues en chaînes – Classe 8.
NF EN 818-5 : Chaînes de levage à
maillons courts. Sécurité. Partie 5.
Élingues en chaînes – Classe 4.
NF EN 818-6 : Chaînes de levage à
maillons courts. Sécurité. Partie 6.
Élingues en chaînes. Spécification pour
l’information sur l’utilisation et la maintenance
qui doit être fournie par le
fabricant.

Pour les élingues textiles

NF EN 1492-1 : Élingues textiles. Sécurité.
Partie 1. Élingues plates en sangles tissées,
en textiles chimiques, d’usage courant.
NF EN 1492-2 : Élingues textiles. Sécurité.
Partie 2. Élingues rondes, en textiles
chimiques, d’usage courant.
NF EN 1492-4 : Élingues textiles. Sécurité.
Partie 4. Élingues de levage en
cordage en fibres naturelles et chimiques
pour service général.

Pour les accessoires de levage

NF EN 13155 : Appareils de levage à
charge suspendue. Sécurité. Équipements
amovibles de prise de charge.

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Pour les manilles

NF EN 13 889 : Manilles forgées en acier
pour applications générales de levage.
Manilles droites et manilles lyre –
Classe 6. Sécurité.

Pour les accessoires d’élingage

NF EN 1677-1 : Accessoires pour
élingues. Sécurité. Partie 1. Accessoires
en acier forgé – Classe 8.
NF EN 1677-2 : Accessoires pour élingues.
Sécurité. Partie 2. Crochet de levage en
acier forgé à linguet – Classe 8.
NF EN 1677-3 : Accessoires pour
élingues. Sécurité. Partie 3. Crochets
autobloquants en acier forgé – Classe 8.
NF EN 1677-4 : Accessoires pour élingues.
Sécurité. Partie 3. Mailles – Classe 8.
NF EN 1677-5 : Accessoires pour élingues.
Sécurité. Partie 5. Crochet de levage en
acier forgé à linguet – Classe 4.
NF EN 1677-6: Accessoires pour élingues.
Sécurité. Partie 4. Mailles – Classe 4.

Pour les terminaisons de câble

NF EN 13411-1 : Terminaisons pour câbles
en acier. Sécurité. Partie 1. Cosses en
acier d’usages courants.
NF EN 13411-2 : Terminaisons pour câbles
en acier. Sécurité. Partie 2. Épissures de
boucles pour élingues en câbles d’acier.
NF EN 13411-3 : Terminaisons pour câbles
en acier. Sécurité. Partie 3. Boucles
manchonnées.
NF EN 13411-4 : Terminaisons pour câbles
en acier. Sécurité. Partie 4. Manchonnage
à l’aide de métal ou résine.
NF EN 13411-5 : Terminaisons pour câbles
en acier. Sécurité. Partie 5. Serre-câbles à
étrier en U.
NFEN13411-6 : Terminaisons pour câbles
en acier. Sécurité. Partie 6. Boîte à coin
asymétrique et à chape.

Pour les feuillards de cerclage

NF EN 13891 : Feuillard de cerclage :
guide pour la sélection et l’utilisation
des feuillards de cerclage.

Pour les « big-bag »

NF EN 1898 : Spécifications relatives
aux grands récipients vracs souples
(GRVS) pour matières non dangereuses.

Pour les anneaux de levage

Pr NF EN ISO 3266 : Anneaux à tige de
classe 4 pour applications générales de
levage.

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